Après une décennie et demie de la promulgation de la charte nationale de l’éducation et de la formation, et six ans de la publication du rapport annuel du Conseil Supérieur de l’Enseignement (2008), ainsi que la fin du plan d’urgence (2009-2012), l’heure est à l’évaluation pour l’université marocaine, afin de dresser le bilan des acquis et le diagnostic des problèmes et des déficiences, permettant de définir les perspectives à venir et renforcer le processus de la réforme totale du système de l’éducation et de la formation sur laquelle le pays compte énormément.

Ainsi, La Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Saïs, à l’instar des autres établissements universitaires marocains, va devoir affronter des échéances essentielles et des défis majeurs à même de gagner le pari national de l’amélioration des performances de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique comme support du développement, et contribuer à atteindre les objectifs de la Charte, « notamment  ceux consistant à former des générations entreprenantes, utiles, aptes à créer, ayant le sens de l’initiative et capables de relever les défis de la société du savoir, de la communication et de la technologie en permanente évolution » (Discours Royal  du 30 juillet 2000)
De tels défis et enjeux exigent des personnels enseignant et administratif des compétences nouvelles, une professionnalisation accrue et une plus grande responsabilisation, afin d’optimiser les performances et garantir un rendement à la hauteur des enjeux, dont l’un – et non des moindres- consiste à développer la recherche scientifique et la créativité comme locomotive de tout développement socio- économique, dans un monde où les pays sont classés en fonction des performances de leur système éducatif et où l’économie et la société du savoir sont une réalité .
Nul doute que la faculté des lettres et des sciences humaines Saïs est invitée à adhérer activement au projet de société dont les grands chantiers sont engagés par l’Etat marocain, notamment ceux relatifs aux valeurs de la modernité, de la démocratie, de la divulgation du savoir, de la culture de la tolérance et du respect de la diversité, en même temps que l’attachement à l’identité marocaine.

La formation du citoyen marocain lui permettant de bien assumer les racines de son identité, les composantes de sa civilisation, les substrats de sa culture et sa manière de penser, ainsi que les mécanismes de son interaction avec l’Autre, constitue incontestablement une condition primordiale du succès de tout plan de développement et de tout projet de société.
A partir de cette conception globale et de cette conviction, notre projet s’engage à développer la faculté des lettres et des sciences humaines Saïs par l’optimisation de ses performances pédagogiques et le développement de sa recherche scientifique, permettant son adhésion à l’effort national visant à relever les défis et affronter les enjeux, effort guidé par les références suivantes :

La Charte nationale de l’éducation et de la formation et ses finalités stratégiques ainsi que le rapport du Conseil supérieur de l’éducation (2008), qui exigent de tout projet de développement d’un établissement universitaire de prendre en considération leurs principes et leurs recommandations, à même d’intégrer son plan au dynamisme de la créativité et de  l’innovation sur lesquelles  que Sa Majesté le Roi ne cesse d’y insister, car l’optimisation du système éducatif figure au deuxième rang des grandes priorités nationales après l’intégrité territoriale.

Le Plan d’action du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres (2013-2016), basé sur l’évaluation du plan d’urgence (2009-2012) et le diagnostic des différents défis auxquels est confronté le système de l’enseignement supérieur, ainsi que la mise en place des mesures à même de  faire face à ces défis  selon une approche participative.
Le projet de développement de l’Université de Sidi Mohammed Ben Abdallah pour la période 2013-2017, visent à développer une gouvernance moderne et efficace et à améliorer l’offre des formations et optimiser leur rentabilité, ainsi que l’encouragement d’axer la formation sur les métiers d’avenir et la mise en place d’une politique de formation continue et le renforcement de la recherche scientifique et du partenariat.

Il est certain que ces défis exigent la convergence des efforts afin d’atteindre les objectifs, et invite les corps enseignant et administratif à déployer toutes les énergies permettant de développer et d’optimiser les performances pédagogiques et administratives, dans le but de satisfaire les attentes des étudiants et améliorer le système universitaire en matière de formation et de recherche.
Conscient de ces défis, et soucieux de contribuer à faire évoluer positivement l’établissement auquel nous appartenons depuis plus de vingt ans, notre ambition durant l’exercice de nos responsabilités de doyen est de mobiliser son corps enseignant et son personnel administratif, leur confier des responsabilités et les motiver en vue de créer une dynamique favorable à son essor, par le biais de:

Le déploiement des moyens pour asseoir une innovation pédagogique et une stratégie cohérente en matière de recherche scientifique et de coopération.
La mise en place d’une gestion administrative moderne et efficace.
L’amélioration des relations internes et du climat de travail au sein de l’établissement, privilégiant le dialogue constructif, la concertation avec toutes les instances et la démarche de conviction, du respect, de confiance et de rigueur.
La promotion d’une politique de partenariat avec les étudiants.

En définitive, nous assumerons le rôle qui incombe à un chef d’établissement conscient des défis, convaincu et sensible au dialogue, à l’écoute et au soutien des initiatives, œuvrant à faciliter les démarches, susciter l’adhésion collective au projet du développement de la faculté, favoriser les dynamismes, coordonner les actions et les évaluer avec transparence et rigueur.

Pr. Mohammed BOKBOT